Ryan Doubaigo et Lyna Saoucha sont les réalisateurs de “footeuses”, un documentaire pêchu sur les filles passionnées de foot.

Les “Footeuses”, un documentaire au cœur de la vie des joueuses

Lyna Saoucha est aussi la fondatrice de « Vraies meufs », un blog où elle montre des filles telles qu’elles sont, sans artifices, sans maquillage, ni retouche photoshop. Car le « vrai », selon elle, n’est pas dans la perfection qu’on nous montre sur Instagram ou dans les magazines, mais dans le naturel de chacune.

Un concept qui donne le ton du documentaire. Les réalisateurs nous plongent au cœur de la vie des footballeuses et de leur quotidien. Sans artifice. Des amatrices aux professionnelles.

Le reportage vient mêler des séquences de matchs à des interviews de joueuses passionnées, amatrices, professionnelles (comme Laure Boulleau), ou encore supportrices (comme Aya Nakamura). Avec en arrière plan, un message positif, destiné à tous et toutes, pour nous unir et encourager toutes les joueuses et futures joueuses, des plus déterminées aux plus timides.

Des préjugés à l’inclusion

Car il est clair que les préjugés liés au foot féminin sont bien là. Mais le documentaire nous montre aussi qu’avec une bonne dose de confiance en soi et un petit côté rebelle au départ, on peut les dépasser et aller très loin.

A commencer par les préjugés de l’entourage familial. En guise d’exemple, Grace Geyoro (l’une des joueuses sélectionnée pour la Coupe du Monde 2019) témoigne avec sa mère. Sa mère s’exprime sans mentir : « Au départ, je disais : « Non, elle ne peut pas faire de foot, il faut laisser les garçons faire du foot, elle, c’est une fille”. Mais cela n’a pas empêché Grace de suivre sa passion et d’aller s’inscrire au foot sans l’autorisation de sa mère. Une attitude un peu rebelle certes, mais qui a bien fini par mettre tout le monde d’accord.

Un peu plus loin dans le reportage c’est Fatou Sacko, qui ironise au sujet du manque de soutien familial : “Je fais du foot depuis 15, 16 ans et ben, mon père est venu me voir… (elle compte) euh… à zero match.” Et elle poursuit plus sérieusement: “Ni mon père, ni ma mère, ni mes frères… Personne n’est venu m’encourager.” Quelque part, tant pis pour eux en fait. “Ce n’est pas ce qui m’arrêtera ou m’empêchera de croire en moi”. Et finalement, sa famille, ce sont ses co-équipères de foot, celles qu’elle appelle d’ailleurs « ses sœurs ».

Quand on a dépassé les préjugés familiaux potentiels, restent les préjugés de certains garçons qui occupent les terrains de foot. Ils ne laissent les filles s’intégrer que si elles font leurs preuves. Inès Beznia, une joueuse du Red Star ultra mature et déterminée, évoque cette difficulté et avoue : « En fait, je pense que je me suis donné le rôle du garçon manqué pour pouvoir m’intégrer dans le groupe des garçons. Aujourd’hui je suis une femme et je l’assume ». Elle a aujourd’hui le soutien des garçons et une confiance en elle débordante.

Des préjugés, certes, mais qui promettent de nous rendre encore plus fières. Et Laure Boulleau le résume bien à la fin du reportage : “Même s’il y a des barrières, dis-toi que le fait de te battre et d’obtenir ce que tu veux, fera que tu seras encore plus fière de toi après.”

Du foot pour plus de lien social

Et une fois qu’on a dépassé ces barrières, on entre dans un cercle vertueux. Le documentaire met en scène les footballeuses de tous horizons. On voit s’exprimer tour à tour des filles des quartiers de Bondy, de Sarcelles, de la Goutte d’Or, des joueuses de l’Olympique de Montmartre, du Witch FC ou encore du club 14. Et tous les discours convergent pour dire la même chose :

« On s’est rendu compte que le foot dépasse totalement le cadre du sport. Pour ces filles, l’équipe est comme une famille et un lieu de sororité, vecteur d’émancipation et d’émotion, explique Lyna Saoucha. Au final, ”Footeuses” est autant un documentaire sur la féminité que l’essence du football. Un message d’espoir pour tout une génération. »

En somme, le foot, le sport leur apporte le lien social dont elles ont besoin – autant que les hommes – et les rend femmes plus que jamais. Des filles soudées, qui se complètent, qui se soutiennent et qui se dépassent ensemble. Des bandes de meufs qui ont l’air « vraies », comme l’entend Lyna, à la fois naturelles et épanouies. Des « meufs » comme on a envie d’être.

Bon documentaire à ceux et celles qui ne l’ont pas encore vu ! 

La team KATAEA

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